L’union européenne et son vrai visage totalitaire et cynique.
A vomir.
L’union européenne et son vrai visage totalitaire et cynique.
A vomir.
Harald me passe un questionnaire auquel je vais tenter d’apporter quelques réponses.
1) Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre apprentissage de la lecture ?
C’était laborieux, d’abord, puis le déclic s’est produit tout d’un coup et je n’ai plus arrêté ensuite de lire. Surtout au début. Ma mère m’a, il me semble aidé à apprendre la lecture dans un premier temps, avant de me couper le courant électrique pour m’empêcher de lire toute la nuit quelques mois plus tard.
2) Vos lectures préférées lorsque vous étiez enfant ?
Difficile à dire. Les aventures de Bob Morane, peut-être? Les Sherlok Holmes aussi, ce genre de choses qui traînaient dans la bibliothèque de mes parents et à la bibliothèque du village.
3) Aimez-vous la lecture à haute voix ?
Ma diction n’est pas assez bonne. Mais je savoure les textes qui sonnent bien. Dans leur rythme et leur “mélodie”. Parfois, en lisant seulement le sens, lorsque l’intuition me vient qu’il s’agit en fait d’un beau texte, je me mets à le réciter dans ma tête, pour le tester et apprécier sa musique le cas échéant.
4) Votre conte préféré ?
Impossible à dire.
5) La meilleure adaptation d’un roman ou d’une pièce de théâtre ?
J’ai été surpris par l’adaptation du Seigneur Des Anneaux de Tolkien.
6) Apprenez-vous par coeur certains poèmes, répliques de théâtre, passages de roman ?
J’en garde beaucoup en tête. Quelques poèmes ou quelques quatrains. Certains répliques de théâtre aussi.
7) Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?
En ce moment, “La Vie Heureuse” d’Epictète.
8 ) Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?
“Conceived In Liberty” de Rothbard, des passages au hasard de classiques grecs. J’ai toujours 3-4 livres sur le feu.
9) Le poète que vous ne cesserez jamais de relire / de vous réciter ?
Rimbaud? Probablement.
10) Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?
Le seigneur des anneaux, dévoré entre l’Alsace et le chalet, dans des paysages fantastiques, dans le vent et la nuit et le bruissement des arbres.
11) Préférez-vous les éditions de poche aux originales ? Pourquoi ?
Les éditions de poche pour les laisser traîner dans la voiture et les lire en attendant quelqu’un à la gare, avant un rendez-vous. Et les belles éditions, parce que vivre au milieu de beaux objets fait plaisir et parce que les textes textes brillants méritent des écrins assortis.
12) Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traîne(nt) toujours ?
Il traînent tous à un moment où à un autre. Ceux que je prête et qu’on ne me rend pas ne retrouvent jamais ma bibliothèque.
13) Quel est votre rapport physique à la lecture ? Debout ? Assis ? Couché ?
Couché, longtemps, assis, rapidement et en coup de vent, dans la voiture ou en ville.
14) Vos lectures sont-elles commentées crayon en main ?
Non.
15) Offrez-vous des livres ?
Beaucoup. J’aime communiquer à d’autres ce que j’ai trouvé intéressant.
16) La plus belle dédicace, que ce soit de l’auteur ou de la personne qui vous l’offrit ?
Il y en a plusieurs, mais aucune qui ne me vient à l’esprit.
17) Quel est votre rapport sensuel au livre ? (Odeur, texture, etc.)
A part les beaux livres, j’aime mes éditions de poche qui ont vécu et qui sont usées ou salies, parce que leur usure me rappelle les circonstances dans lesquelles elles ont marqué ces livres.
18 ) Quels sont les auteurs dont vous avez lu les oeuvres intégrales ?
Spooner, Rimbaud, Tolkien? Il y en a sûrement d’autres, mais je ne suis pas, d’une manière générale, très méthodique. Rapidement, je découvre d’autres trucs à lire et je change d’auteur. Le temps manque toujours.
19) Un livre qui vous a particulièrement fait rire ?
“Les Aventures Singulières Du Soldat Ivan Tchonkine“
20) Un livre qui vous a particulièrement ému ?
La pièce “Antigone” d’Anouilh me vient immédiatement en tête, mais il y en a sûrement d’autres.
21) Le Livre qui vous a terrifié ?
Une nouvelle de Lovecraft, “La Colline Des Engoulevents” ou quelque chose comme ça.
22) Le livre qui vous a fait pleurer ?
Je suis un garçon. :p
23) L’avertissement / l’introduction qui vous a le plus marqué ?
Pas facile à dire. Trop difficile en tous cas pour que je prenne le temps de répondre.
24) Le titre le plus marquant, original, décalé, astucieux ?
“Comment Voyager Avec Un Saumon”
25) Décrivez votre bibliothèque.
En ce moment, les livres sont dans des cartons. D’autres sont posés autour de mon lit, qui est lui-même au milieu de cartons, dans le déménagement. Sinon, j’ai plusieurs meubles non assortis et trop petits pour contenir tous mes livres. J’attends en rêvant que mon amie ou mon grand-père me bricole une belle bibliothèque sur toute la largeur du salon avec du bois des arbres de mon chalet. L’année prochaine, probablement.
Oui, je viens de déménager.
26) Les livres dont vous vous êtes finalement débarrassé ?
Aucun, je crois. On m’en a volé quelques uns.
27) L’endroit le plus insolite où vous lisez ?
Souvent, je viens avec beaucoup trop d’avance au travail. Alors, je prends un chemin forestier et je lis dans la voiture. Ce n’est pas spécialement insolite mais les circonstances le sont probablement.
28 ) Il ne vous reste que trois jours à vivre : que souhaitez-vous lire ou relire ?
Je ne lirais probablement pas dans ces circonstances. J’essaierai plutôt de vivre et de communiquer avec les gens.
29) Votre livre d’art préféré ?
J’en ai lu très peu. Récemment, “On N’Y Voit Rien“, et c’était intéressant.
30) La bibliothèque idéale ?
Pleine à la fois des livres qui me permettent de me sentir bien au milieu d’eux, et contenant aussi un nombre raisonnables de livres à lire. Pour que je n’aie pas le stress du manque. Sinon, elle serait haute, en bois brillant de couleur sombre, si possible sur deux étages, avec une mini pièce de lecture en mezzanine en haut et des échelles coulissantes pour atteindre le sommet des rayons.
31) L’incipit qui vous a le plus marqué ?
Rien ne me vient immédiatement.
32 ) La clausule qui vous a le plus marqué ?
Le dernier paragraphe de “On The Road” de Jack Kerouac.
Il est important de faire des backups. Mais ça ne suffit pas. Par exemple, si vous avez un backup chiffré avec un système de cryptographie asymétrique, il ne faut pas que le backup de votre clef privée de trouve précisément dans l’archive chiffrée. Surtout si c’est important. Il faut éviter cela. Il ne faut pas le faire. Il faut utiliser de la cryptographie symétrique pour ce genre de choses destinées à vous seul. Evitez le reste. Absolument.
Surtout, si vous avez fait comme il ne faut pas faire, il faut éviter d’avoir ensuite besoin du backup. En formatant le disque dur accidentellement à la place de la clef USB, par exemple.
Sinon, vous aurez envie de vous taper la tête contre le mur et de crier.
Après une première grande figure populaire incarnant le socialisme, voyons un pendant positif. La télévision et le cinéma ne nous ont tout de même pas offert que des icônes collectivistes. Par exemple : la famille Addams.
Pour tout dire, à l’époque où j’étais encore tout gamin, cet aspect de la chose m’avait échappé. C’est à ma mère que je dois la lecture libérale des histoires de la famille Addams. En sortant du cinéma, je lui avais demandé son opinion sur ce film en espérant secrètement qu’elle m’en fasse des commentaires choqués, et voilà qu’à ma grande surprise elle me répondit : “c’est super, cette famille qui ose vivre sans tenir compte du regard des autres. C’est génial, ça. Voilà des gens qui vivent un peu en dehors de la norme et qui assument parfaitement. J’espère que tu sauras aussi être toujours toi et que tu sauras résister à l’influence et à la pression du groupe”.
Il n’y a pas grand chose à rajouter au commentaire de ma chère maman. La famille Addams, c’est une famille complètement en dehors de la norme et qui assume tout à fait. Ils ne dépendent de personne. Ils sont riches et leur richesse n’est pas diabolisée : ils assument leur condition aisée sans complexe. A noter également que ce sont des marginaux plutôt soignés, ce qui change des clochards incarnant les figures populaires socialistes. Différents, mais classieux.
Les méchants, dans le monde de la famille Addams, ce sont toujours les socialistes : les instituteurs de l’école qui se scandalisent parce que les enfants Addams sont différents, les gens envieux qui ne rêvent que de les voler ou de les piller, et d’une manière générale tous les gens qui ne supportent pas que d’autres vivent autrement quand bien même ils ne subissent aucun dommage. Et puis, voilà quand même une famille pour qui l’adage “a house is a man’s castle” se vérifie complètement.
La famille Addams, c’est un véritable cheval de Troie libéral qui devrait plus souvent servir de base de discussion pour parler aux gens qui pense que la guerre, c’est la paix, que l’ignorance, c’est la force et que les partis “de droite” sont libéraux.
Je suis chez moi.
Expatrié dans un canton étranger, mais chez chez moi. Et puis, même dans cet exil, je reste toujours un peu dans ma Patrie, n’est-ce pas?
Ce vendredi après-midi, nous sommes allés courir le long du bisse de la Tsandra. Les bisses, pour rappel, sont les canaux d’irrigation grâce auxquels les anciens Valaisans mirent en valeur les terres de leur pays si beau, mais si abrupt et si sec. L’histoire commence au matin, par le remplissage de la poche à eau. Cette sortie sera aussi l’occasion de tester mes Mizuno Wave Ascend qui prennent la poussière depuis leur sortie du carton en février. En projet pour l’après-midi : trotter 14 kilomètres le long d’un bisse.
Le vrai départ, lui, se situe au-dessus de Daillon.
Le parcours du bisse longe le flanc de la montagne, parfois dans des endroits assez escarpés -mais toujours très beaux.
Le chemin du bisse est parfois couvert de cailloux…
… mais le sol est le plus souvent composé de terre battue et d’aiguilles de résineux : un régal pour courir!
A l’exception cependant d’une petite partie du parcours (environ 1/5e) sur route, au moment de la traversée du mayen de My.
Ce hameau, situé sur un plateau très ensoleillé, à un peu plus de 1300 mètres d’altitude est, je dois le dire, un endroit assez paradisiaque.
A la sortie du mayen de My, le point de vue permet d’apprécier une formidable falaise presque verticale et extrêmement lisse.
Jusqu’à la prise d’eau du bisse, à 1450 mètres d’altitude.
Il s’agit donc de l’endroit à partir duquel le bisse de la Tsandra est canalisé, là où il naît, en quelques sortes. Après cela, il ne reste donc plus qu’à faire demi-tour.
Une belle ballade d’un peu plus de 14 kilomètres de course (sauf les pauses photos au retour), au final, ce vendredi après-midi.
Pour le moment, j’ai encore le droit de vivre (c’est à dire le droit d’avoir les moyens de protéger ma vie). En conséquence, en homme pacifique et avisé, ma famille et moi stockons des armes et de la munition. De quoi sauver nos vie et quelques autres aussi, si nécessaire.
J’ai toujours dit que j’étais attaché au principe plus que désireux de m’amuser avec les armes. C’est vrai. De plus, aujourd’hui, la probabilité d’en avoir besoin est plutôt faible. Ce n’est pourtant pas seulement par principe qu’il faut en accumuler, et plus précisément accumuler des armes non enregistrées auprès des hommes de l’état ( réellement, personne ne sait ce qui se passera dans 25-40 ans). Celles qui sont inscrites sur leurs listes ne se trouvent que dans une situation de sursis. On peut encore le faire pendant quelques mois, avant que cette possibilité légale ne soit supprimée.
Après cela, si l’on renonce à acheter ses armes avec la prime due au marché noir, on aura encore le droit de garder celles qu’on a déjà (il est bien sûr question des armes réellement acquises, c’est à dire celles qui ne sont pas déclarées). Puis, un jour viendra où le tyran demandera qu’on lui déclare la ferraille qui traîne au grenier et à la cave. A ce moment-là, sans jamais avoir changé, en restant toujours aussi pacifique et brave, on plongera dans l’illégalité. Aucun comportement n’aura changé, mais les mêmes personnes, jusque là tout à fait respectables, seront de fait considérés comme des criminels si les hommes du tyran viennent à découvrir des outils à sauver la vie non-déclarés.
Il y a un vertige, à imaginer ces centaines de milliers de personnes honnêtes qui deviennent hors-la-loi en restant aussi pacifiques et respectueuses de leur prochain qu’ils l’ont toujours été. C’est cela, aussi, la route de la servitude.
(Ce sera le moment, si ce n’est pas encore fait, de mettre des armes dans des emballages hermétiques, et d’aller les enterrer un peu partout, avec de la munition. Pas trop proche des maisons.)
Au début, ils n’oseront pas mettre grand-papa et et tonton en prison. Ils fermeront les yeux sur les possesseurs pacifiques pour ne pas montrer leur brutalité monstrueuse dans sa nudité crue à une jeune génération soutenant la prohibition sans réellement en saisir la vraie nature. Mais le matraquage médiatique s’intensifiera. Petit à petit, le pays qui avait la plus grande tradition populaire des armes à feu se peuplera de gens horrifiés par les faits divers présentant des victimes désarmées par la loi subissant les attaques de criminels criminellement armés. Ils verront mourir des gens mis à la merci de leurs assassins par la loi et demanderont plus de loi. Quelques années suffiront.
Grand-papa et tonton passeront du statut de “rétrograde” ou “d’original” à celui de dangereux désaxés auprès des jeunes membres de leurs familles. Il faudra peu de temps.
Grand-papa sera à la merci de ses petit-enfants qui le dénonceront en cas de dispute. Tonton et le voisin aussi. Des centaines de milliers de gens commenceront à avoir peur. Le grand-père qui paie toujours ses achats craindra plus la police que son voleur de petit-fils.
Un jour peut-être, on fracassera ma porte et on trouvera des armes pleines de poussière. Celles avec lesquelles je faisais mes concours fédéraux à l’époque où c’était légal et surtout normal. Ils me mettront des fers aux mains. Je serai plutôt tonton que grand-père, probablement. Ils me mettront dans une cage avec les quelques voleurs qu’ils prennent quand même parfois la peine de pourchasser, quand c’est facile.
Ils me poseront des questions.
Je répondrai que je suis le capitaine Pan, et j’ajouterai mon numéro de matricule. Ou peut-être que je dirai que je ne suis pas un numéro. Nom, grade, numéro de matricule. Rien d’autre. Rien n’oblige à parler quand on tombe aux mains de l’ennemi.
L’ennemi qui occupe(ra) mon pays.
L’association Liberaux.org a décidé d’attirer les regards sur des personnalités œuvrant en faveur de la liberté dans le monde des idées. A cet effet, les membres de l’association ont eu l’idée de créer un prix, prétexte à un travail de synthèse et d’information autour des contributions du lauréat. Espérons de tout cœur que ce travail soit récompensé par une meilleure diffusion de la pensée libérale en générale, et bien sûr du vainqueur en particulier.
Pour cette première année, le prix liberaux.org est décerné à Serge Schweitzer. Les membres du jury ont a cette occasion rédigé un excellent livret téléchargeable gratuitement sur leur site.
Que le professeur Schweitzer et les organisateurs de ce prix soient ici chaleureusement remerciés pour tenir allumée cette idée qui compte pour nous.
Observons comment la télévision ou la culture populaire plus généralement glorifie la négation des droits individuels au profit de l’autorité de ceux qui confisquent pour eux le titre de “représentants de la société”.
L’un des exemples les plus remarquables nous est donné par le personnage de Jack Bauer de la série 24.
Pour commencer, bien sûr, Jack Bauer travaille pour l’état. Pas n’importe quel état d’ailleurs : l’état fédéral. L’état le plus éloigné de la population, celui qui subit le moins de contrôle démocratique.
Plus précisément, Jack Bauer travaille dans une agence fédérale anti-terroriste, un machin dont les contribuables ne savent à peu près rien, sinon lorsqu’on leur annonce qu’ils ont été sauvés par des hommes de l’ombre tels que Jack Bauer.
Le fait d’imaginer un personnage positif occupant ce genre d’emploi, c’est déjà en soi un peu faire l’apologie de l’état-papa. C’est assez niais et plutôt abêtissant, mais il y a pire. Après tout, il faut bien que des gens pourchassent les méchants, n’est-ce pas?
Seulement voilà, Jack Bauer n’est pas seulement un fonctionnaire armé jusqu’aux dents (dans un état où les citoyens ordinaires ont, eux, très peu accès aux armes pour se défendre) et œuvrant secrètement pour le “bien commun”. L’agent secret du CTU qui nous intéresse passe aussi son temps à violer la loi. Il torture des gens, viole le règlement interne de l’agence qui l’emploie, prend des risques inconsidérés, cause des dommages collatéraux comptabilisés en vies innocentes.
Si Jack Bauer peut se permettre de se placer au-dessus des lois au mépris de la vie et de l’intégrité des autres hommes, c’est avant tout grâce à l’appui du pouvoir exécutif dont il bénéficie. Il est, en effet, depuis la première saison, proche de la présidence américaine. Au nom du “plus grand bien” et en dépit de toutes les lois fédérales votées par le congrès, la branche exécutive finit toujours par minimiser ou dissimuler les crimes dont notre “héros” se rend coupable.
Le message est donné par presque chaque épisode de la série populaire 24 est clair : “vive l’autorité!”, “la fin justifie les moyens”, “l’état est tout, les individus ne sont rien”.
Une bonne leçon de socialisme appliqué, quoi. Avec en prime la bonne vieille légitimation de l’arbitraire et de la brutalité politique contre la population par l’éternel épouvantail de la menace contre la sécurité de… la société bien sûr.
Parce que les individus sont, eux, régulièrement attaqués dans leur chair ou leur vie privée par Jack Bauer et ses comparses.
Environ 200 ans après le grand début de l’impôt proportionnel, en remplacement de l’impôt de capitation qui constitua la norme pendant l’ancien régime, et moins de 100 ans après la généralisation de l’impôt progressif qui confirma le triomphe des seuls grands vainqueurs de la première guerre mondiale -les fonctionnaires et les politiciens- “l’égalitarisme” n’est plus vraiment remis en cause aujourd’hui. Il faut toujours que cela soit “pareil pour tout le monde”. C’est la rengaine tristement habituelle des bonnes âmes qui invoquent les différences pour justifier la discrimination.
Les riches auraient une utilité marginale de leur revenu plus réduite que les pauvres, raison pour laquelle il faudrait que ces derniers soient davantage frappés par l’impôt. Même face à la punition, il faudrait distinguer, afin que ces mêmes riches ne soient pas moins punis proportionnellement que les pauvres.
Il n’est pas besoin de réfléchir longtemps pour s’apercevoir que le seul but poursuivi par cet “égalitarisme” est la maximisation des recettes et non une hypothétique “justice sociale”. Dans un souci de placer effectivement les gens sur un pied d’égalité face aux peines, les amendes auraient également la capacité de décroître en partant de la moyenne. De même, les rentrées fiscales demeureraient inchangées en passant de l’impôt proportionnel à l’impôt progressif si l’objectif avoué correspondait à l’objectif réel.
Il existe cependant de vrais prétextes généreux utilisés à des fins malfaisantes (un peu comme les scientologues qui se proposent de sevrer les toxicomanes pour les garder ensuite dans leurs propres filets) et c’est pourquoi on peut prendre la peine d’examiner le prétexte de l’égalitarisme pour voir si en dépit de tout le mal qui est fait en son nom, il est possible de trouver à ce prétexte une justification propre. Après tout, aider les gens à se libérer de la prison chimique de la drogue est, en soi, une bonne chose, n’est-ce pas? Voyons ce qu’il en est de “l’égalitarisme”.
Prenons la punition. Amender les gens en fonction de leur fortune ou de leur revenu est une idée. Mais c’est une idée arbitraire. Par exemple, dans mon cas particulier, j’ai besoin de mon véhicule pour travailler en raison de mes horaires irréguliers qui m’empêchent de prendre les transports publics. Me priver de l’usage de mon véhicule, c’est à peu près me faire perdre mon travail. Subjectivement, c’est très grave. Je préfèrerais de loin qu’on double, triple ou quadruple le prix de l’amende plutôt que de devoir renoncer à conduire pendant 3 mois. Ceci est dû à mes obligations professionnelles.
Si l’on poursuit la logique de l’égalitarisme, il faudrait sans doute, pour trouver une équivalence, retirer le permis pendant 4 ou 5 ans à quelqu’un qui n’utilise sa voiture que pour ses loisirs ou qui a, du moins, la possibilité de se rendre à son travail en train. De plus, comme je peux aussi perdre mon travail à cause d’une mauvaise réputation auprès de la police, il faut également s’attacher à salir l’image des gens dont l’employeur ne se soucie pas de l’historique policier, par exemple en faisant courir des bruits de passé pédophile dans le cas d’enseignants pris en excès de vitesse. C’est important, pour que leur peine soit égale à la mienne.
On devrait aussi, d’ailleurs augmenter ou réduire les peines de prison. Selon une connaissance qui a travaillé un moment avec des prisonniers, les petites périodes de privation de liberté ne dérangent pas vraiment les délinquants originaires des Balkans tandis qu’elles constituent un drame terrible pour les ressortissants suisses. On pourrait donc doubler les peines de prison pour les ex yougoslaves, ou alors, par exemple, leur servir de la nourriture moins bonne, dans un souci d’égalité.
Avec ce dernier exemple, on arrive à la réalité de cet égalitarisme : la discrimination. L’argent n’est qu’un critère parmi des milliers d’autres pour déterminer le ressenti subjectif de la punition (ou de l’impôt d’ailleurs). Ce qui le distingue des autres critères, c’est seulement que l’état veut cet argent, tandis qu’il n’a rien à gagner à doubler la durée d’emprisonnement des Albanais ou à envoyer un courrier anonyme au directeur de l’école en prétendant que son instituteur puni pour excès de vitesse a un passé pédophile.
A chaque fois que quelqu’un défend l’impôt progressif (ou même proportionnel dans une moindre mesure) ou le calcul des peines en fonction du revenu, il demande que l’on serve du pain rance à Ibrahim l’Albanais au lieu des pâtes à la carbonara que mange le condamné suisse.
C’est la réalité crue de l’égalitarisme et cela s’appelle la discrimination.
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