Proche de l’esprit critique des Lumières, Rousseau en voit pourtant les travers et propose des pistes pour les dépasser. Il est lu par les révolutionnaires français et les grands philosophes allemands: Kant, Fichte, Hegel.
La question de la semaine: “La science et la culture rendent-elles les humains meilleurs?
Voilà la question que pose le journal La Libre Belgique dans la rubrique Débats de son site internet. Il ne faut pas gâcher son plaisir, une activité subversive ne peut que faire du bien si elle permet à quelque gauchiste de trouver le droit chemin libéral-conservateur. Ma réponse sur le forum en question, en espérant qu’elle passe :
L’Allemagne des années 1920-30 est certainement un des moments culminants de la société occidentale, que ce soit dans les sciences ou dans la culture. Cela ne l’a pas empêchée de sombrer dans la barbarie la plus ignoble.
De même, ces fameuses Lumières ont engendré la barbarie de la Révolution française avec son régicide, sa Terreur, son jacobinisme planificateur,… et également la barbarie du socialisme avec ses goulags et ses purges.
Le mal a toujours existé depuis que l’homme est homme, depuis qu’il a le libre arbitre. Nous avons la liberté de faire le mal, et ce n’est ni la science, par nature amorale, ni la culture et son relativisme, «vérité en-deça des Pyrénées, erreur au-delà», qui donnent une quelconque aide pour séparer le Bien du Mal.
C’est donc là toute l’origine du problème, cette prétention moderne des Lumières qu’un homme puisse se faire lui-même et devenir meilleur par sa propre culture et sa propre science. «Vanité des vanités ! tout est vanité !», tel est l’homme qui aidé d’une lanterne ne sait plus où aller. Par le truchement de ces idées, l’homme n’est plus qu’un être animé par ses instincts les plus vils. Terrible réduction qui le pousse dans les bras d’un Etat omnipotent et planificateur dirigé par quelque volonté césariste : révolution française, troisième reich, URSS, …
Pour conclure, je terminerai par une citation de Henri Jaspar, un des plus grands conservateurs belges avec Woeste et Beernaert : « Je ne crois pas aux réformes de structure tant que notre âme ne sera pas réformée. Nous avons rétrogradé, nous avons sacrifié à d’illusoires progrès matériels sans précieuses quêtes morales : notre fidélité à la parole donnée et à la signature des contrats, notre respect du travail et de l’effort. C’est ce recul qui avive cette odieuse lutte des classes que d’aucuns ont encore aujourd’hui l’aberration d’ériger en dogme. C’est elle, enfin, qui nous faisant redevenir païens, c’est-à-dire voluptueux et durs, excite les haines et propage la violence du verbe et des actes».


















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