Comment a-t-on fait pour passer en quelques décennies du désir d’éviter d’enlaidir nos paysages en y déposant des déchets ou en y construisant des bâtiments très laids au fléau totalitaire qu’on appelle aujourd’hui l’écologie ?
Pour résumer, on a assisté à la formation d’une idéologie. Des préoccupations distinctes qui avaient en commun le fait de tendre vers une certaine préservation des paysages naturels se sont agrégées pour former une doctrine globalisante qui se prétend universelle.
On trouve sur le site de Greenpeace des textes qui exposent les fondements philosophiques de l’écologie. Pour résumer, la “philosophie” écologiste considère l’homme comme une pièce d’un ensemble plus vaste, l’”écosystème”, et le but de la doctrine écologiste est de protéger l’écosystème. On a donc affaire à ce qui est peut-être la seule doctrine politique à se présenter elle-même comme non humaniste, en dehors des doctrines théocratiques.
De fait, les points communs entre écologie et islamisme ne se limitent pas au choix de la couleur verte. Dans les deux cas, l’homme est secondaire. Alors que même les marxistes et les nazis accordent la primauté à la volonté de l’homme, ou du moins de certains hommes, les écologistes – et les islamistes – souhaitent tout simplement que l’homme soit soumis. A un dieu dans un pour les islamistes, à la nature pour les écologistes.
Pour les écologistes, c’est l’”écosystème” qui doit primer. Leur raisonnement est plus ou moins le suivant, pour autant qu’on puisse décrire leurs délires comme étant basés sur une quelconque pensée logique : l’homme ne peut exister physiquement que dans son environnement, donc cela n’a pas de sens d’envisager l’univers par rapport à lui. Au contraire, l’univers (ou l’”écosystème”) ne se comprend que comme un ensemble dont l’homme n’est qu’un élément parmi d’autres. Malheureusement, l’homme est devenu suffisamment puissant pour modifier par son action des parties non négligeables de cet “écosystème” que par ailleurs il ne comprend pas. Il convient donc de réfréner cette arrogance et de remettre l’homme à sa place. Désormais, l’homme doit faire passer l’”écosystème” avant lui-même. Les écologistes y veilleront.
C’est plus ou moins ça. Bref, nous faisons partie d’un système. Les doctrines collectivistes expliquent en général que l’individu fait partie d’un système lui-même composé des autres humains et qu’il doit s’y soumettre sous la supervision des théoriciens de la doctrine en question. Avec les écologistes, c’est l’être humain en général qui doit se soumettre à un système plus vaste que lui, toujours sous la supervision des théoriciens. Inutile de préciser que l’individu n’existe tout simplement plus. Tant que l’être humain est considéré comme vaguement exceptionnel par rapport au reste de l’univers, l’individu peut toujours en tirer une vague raison d’aspirer à la liberté ou à une certaine autonomie. Si l’être humain est considéré comme figurant au même rang que le le cafart ou la moule, l’individu humain n’existe tout simplement plus.
Les écologistes sont de ce point de vue-là parvenus à dépasser les communistes et les nazis. Dans leur verbiage pseudo-philosophique, l’anti-individualisme et l’anti-humanisme sont plus ou moins masqués par l’exaltation de l’”écosystème”. Chez les écologistes eux-mêmes, ces tendances se traduisent souvent par un désir exprimé d’assister à la destruction de l’humanité. Ce sont évidemment presque toujours des discoours d’adolescents attardés et abrutis par la répétition constante de poncifs écologistes dans les médias, mais c’est tout de même à cela que peut ressembler le discours convenu de nos jours en Occident.
Donc à quoi ressemble la politique écologiste ? Que peut-on en tirer d’utile ? Par exemple, on pourrait éventuellement supposer que l’écologie politique peut contribuer à la préservation de jolis paysages que nous ne voulons pas voir disparaître. Mais on se tromperait. Les écologistes détruisent des milliers de kilomètres carrés de paysage en les couvrant de turbines à vent par ailleurs chères et inutiles. Les politiques anti-pétrolières peuvent-elles nous servir à nous préparer à l’après-pétrole ? Non, nous nous y prépareront de toute façon si le pétrole se raréfie parce que cela augmentera son coût, et ce jour-là, c’est sur l’énergie nucléaire que l’on comptera, contrairement aux souhaits des écologistes. En général, les mesures préconisées par les écologistes ne servent à rien, sinon à préparer les individus à la grande soumission à laquelle les écologistes ont l’intention de les inviter.
Le raisonnement dont font usage les écologistes pour passer de leur philosophie d’hôpital psychiatrique à leur actuel catalogue de mesures consiste se fonde pour l’essentiel sur l’idée que les ressources sont limitées. Jusqu’à présent, l’homme a exploité les ressources terrestres sans retenue, mais aujourd’hui, cela n’est plus possible parce que cela entraînerait la destruction de l’humanité et parce que, de toute façon, ces ressources vont s’épuiser.
Par exemple, en ce qui concerne le pétrole, le raisonnement est très simple : un jour, il n’y aura plus de pétrole. On consomme du pétrole quand on produit. Il faut donc produire moins, et même de moins en moins, afin d’économiser le pétrole. C’est ce qu’on appelle la “décroissance”.
Le simple fait que la décroissance soit citées comme ayant une place dans les débats politiques contemporains est en soi un motif de consternation infinie.
Si on produit, même de moins en moins, on continue à consommer et le problème de l’épuisement des ressources n’est pas résolu. Il est simplement retardé, mais quel est l’intérêt de le retarder ? L’humanité n’a pas plus de chances de touver une solution au problème de l’épuisement des ressources si ce dernier survient plus tard. Il n’y a pas de solution, ni maintenant, ni plus tard.
La seule possibilité est de ne consommer aucune ressource qui ne soit pas “renouvelable”. Cela implique concrètement de vivre comme on vivait il y a quelques dizaines de millers d’années, et de ne pas être plus nombreux. Si c’est ce que nous devons faire de toute façon, il n’y a aucune raison de se presser. Mieux vaut continuer à épuiser les ressources, lesquelles, à plus ou moins long terme, ne nous serviront à rien puisque nous ne devrons pas les consommer de toute façon.
La seule difficulté, en dehors de la nécessité de se réhabituer à une espérance de vie inférieure à trente ans, sera de résister à la tentation de se mettre à nouveau à produire. Mais s’il n’y a plus de ressource, nous ne risquerons plus rien.
Cela dit, les théoriciens de la décroissance ne se contentent généralement pas d’envisager une décroissance spontanée due à l’absence de “ressources”. Il leur faut une décroissance dirigée, ce qui est beaucoup plus satisfaisant pour leur esprit. Après les plans quinquennaux d’augmentation de la production de charbon, nous allons donc avoir des plans quinquennaux (par exemple) de diminution de la production.
Cette histoire de “ressources” et de décroissance n’est pas seulement parfaitement grotesque, elle illustre surtout le fait que l’écologie est à l’économie ce que l’astrologie et à l’astronomie. L’économie consiste à tenir compte de la rareté et à comprendre comment les comportements humains en tiennent compte. On n’a pas attendu les verts pour s’apercevoir que certaines choses sont rares. Mais de la même façon que les astrologues consruisent des raisonnements absurdes basés sur l’alignement des planètes, c’est-à-dire sur des apparences trompeuses, les écologistes construisent les leurs sur de fausses évidences. Par exemple, l’idée qu’il existe des “ressources” que nous détruisons dans le processus de production.
Quand on produit, on ne détruit rien du tout, on transforme. La matière présente au début du processus est toujours là à la fin, à l’atome près. Elle est simplement réorganisée de façon à nous être plus utile. C’est pourquoi nous n’épuisons aucune “ressource”. Il n’y aura peut-être plus de pétrole à un moment donné, effectivement, mais nous utiliserons une autre source d’énergie, tout simplement. Et nous saurons très bien l’utiliser parce que nous aurons fait le nécessaire au fur et à mesure que le pétrole sera devenu plus rare, donc plus cher. A moins que nous ne mettions au point une source d’énergie plus intéressante avant que le pétrole ne s’épuise, auquel cas il ne s’épuisera peut-être jamais. Mais la doctrine écologiste est beaucoup trop simpliste pour prendre en considération des éléments tels que la capacité d’adaptation humaine.
Le fait que l’écologie soit devenue l’obsession qu’elle est aujourd’hui est le signe le plus sûr d’un déclin intellectuel profond en Occident. Ce que représente l’écologie, ce n’est absolument pas une meilleure prise en compte de l’environnement. Si l’homme avait attendu les écologistes pour s’occuper de son “environnement”, il n’y aurait eu ni croissance économique, ni augmentation de l’espérance de vie, ni rien de ce que l’on appelle généralement le progrès. Les humains ont construit des exploitations agricoles quand ils en ont eu besoin, puis des routes, des villes et toutes sortes d’édifices à chaque fois qu’ils ont voulu améliorer leur environnement. Ils n’ont aucunement besoin aujourd’hui de l’aide de ces charlatans pour se construire des parcs ou des lieux de villégiature agréables.
La montée en puissance de l’écologie est bien plutôt le signe d’un déclin de la raison. C’est une forme de superstition particulièrement idiote qui ne peut prendre racine que dans des esprits vides, et c’est ce vide-là qui devrait nous inquiéter.