Les élections ne sont pas nationales (d’ailleurs, “nationale”, ça ne veut rien dire).

Il est tout à fait possible que la gauche soit redevenue majoritaire en France pour les raisons invoquées habituellement comme la crise, les erreurs du gouvernement et ainsi de suite. Mais le résultat des élections régionales n’est pas un indicateur fiable de la situation politique en France pour des raisons assez simples.

D’abord, ce sont des élections locales. Les médias les ont présentées comme des élections nationales parce que c’est plus amusant vu sous cet angle mais c’est quand même faux. Les politiciens en ont fait autant parce qu’ils ont sans doute pensé qu’ils mobiliseraient mieux leurs électeurs ainsi, et ça n’a pas très bien marché.

En revanche, il est probable que les électeurs directement concernés par le fonctionnement des régions ont été plus nombreux à voter. Sont particulièrement concernés les gens qui reçoivent des subventions, directement ou indirectement (comme les employés d’une entreprise qui en reçoit). Les régions financent un certain nombre de choses qui coûtent cher, les TER par exemple.

Un nombre assez important de présidents de régions vont commencer leur quatrième mandat. Les électeurs ont dans l’ensemble reconduit les présidences sortantes, ce qui n’indique pas spécialement que le pays serait au bord de la révolution.

Ce qu’indiquent ces élections, c’est d’abord que le gouvernement est effectivement assez impopulaire pour un certain nombre de raisons, la principale étant probablement qu’il est mauvais.

Ensuite, la région est désormais bien ancrée dans le paysage institutionnel français. Personne ne sait ce que les régions font mais les dirigeants de régions savent se faire réélire et il semble assez difficile de convaincre les électeurs de mettre à la porte une majorité régionale quand cette dernière peut financer son budget avec des fonds venus d’un peu partout, et marginalement de la poche des contribuable locaux.

Par ailleurs, une autre tendance confirmée est celle de la centralisation de l’UMP et de la décentralisation du PS. L’UMP ne risque pas d’être décentralisé aussi longtemps que son chef est président de la République. Le PS en revanche n’a pas vraiment le choix. La direction centrale du PS a été humiliée par Frèche et Aubry l’a été personnellement par Royal.

Rien de tout ça n’est bon pour qui que ce soit. Les régions existent toujours en tant que collectivités territoriales, ce qui est dommage. Les socialistes peuvent gagner en 2012, ce qui est tragique. Sarkozy et son entourage sont probablement assez incompétents, mais le résultat des régionales va probablement les amener à le devenir encore plus s’ils décident de reprendre à leur compte une partie du programme de la gauche, ce que la droite fait généralement dans ce genre de situation.

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