Tout d’abord, un retour sur la crise financière. Comme je l’ai déjà écrit, Vincent Bénard de l’institut Hayek fait un excellent travail d’analyse, mais également de synthèse tant les articles à ce sujet sont nombreux, et loin d’être aussi unanimes que ne le laisse entendre la presse française. Et à auteur de talent, commentateurs de talent, et notamment un mis à l’honneur pour la meilleure démonstration de l’enfumage généralisé auquel nous soumet l’ensemble du monde médiatique et politique français:

Que dire deplus face à cela? Journalistes, politiques, tous complices? On m’objectera que la finance n’était pas régulée, à la différence des autres secteurs de l’économie. Je répondrai qu’il est surprenant de penser que l’Etat désargenté n’eût pas régulé le secteur le plus riche. D’ailleurs, la cohorte des noms et de sigles tels que loi Sarbanes-Oxley aux Etats-Unis, loi de sécurité financière en France, règles fiscales et comptables, commission bancaire, autorité des marchés financiers, sociétés de bourse, OPCVM, PEA, Robien, etc. n’est que la partie émergée du tombereau de réglementations qui pèsent sur les sociétés financières.
Et alors, me répondra-t-on? Tout simplement que c’est bien beau de vouloir sanctionner les coupables (loin de loi l’idée de dédouaner les traders, motivés par l’argent facile et sans risque), mais n’oublions pas l’Etat et ses représentants divers, qui ont fermé les yeux quand tout allait bien, quand leurs placements prenaient 6% par an, et que leur Etat chéri pouvait continuer de s’endetter à bon compte. L’Etat régulateur n’a rien fait pour anticiper ou enrayer cette crise, il y a même contribué, lui donner plus de poids ne fera qu’amplifier les désastres. Le libéralisme se meurt de ne pas être appliqué.
Ensuite, Obama. Bravo à la campagne parfaite, reconnaissons le symbole, car si les Américains ont depuis longtemps dépassé la question de la ségrégation, la question raciale continue d’imprégner toute la société (chacun sa croix, en France, c’est la fracture sociale qui sert de grille d’analyse, ce n’est pas mieux). D’ailleurs, McCain l’a reconnu dans son discours de félicitations, avec une telle fierté et une telle franchise qu’on peut presque se demander s’il n’a pas fait exprès de perdre, justement pour le symbole. Mais ce vainqueur est un faux symbole: tout d’abord, il n’est pas “black”. D’une part, il ne se revendique pas comme noir, mais bien comme métis, et surtout, il n’est pas afro-américain. Il est américain de père africain. Il n’est pas, loin s’en faut, un descendant d’esclave. Ce qui fait une sacrée différence, et laisse rêveur devant les qualités d’intégration et de promotion de la société américaine. Car c’est l’autre versant: il est (à son corps défendant) un symbole libéral. Le fils d’étranger, noir de surcroît, qui à force de travail et par ses seuls talents, arrive à la fonction suprême (tiens, le parallèle avec Nicolas Sarkozy fera plaisir à la gauche française). Mais surtout, il n’est pas un produit de la discrimination positive. Il a fait des études qu’il a payées (à - long - crédit), avec un parcours méritoire. Pas parce qu’il était noir, mais parce qu’il était bon.