Un article très instructif sur le blog de l’institut Turgot, expliquant pourquoi les solutions financières sont inopérantes, m’incite à compléter mon article précédent. Tout d’abord, une remarque ou deux quant à cet article: oui, il a raison, la démographie étant ce qu’elle est, une solution strictement financière ne résoudra rien, c’est d’ailleurs la raison de mon pessimisme à la fin de mon article précédent, et un bon exemple supplémentaire de ce que confier ce genre de choses à des politiques est l’erreur à ne pas faire, le problème démographique étant connu depuis plus de 30 ans…
En revanche, je reviens sur la comparaison répartition-Madoff. Elle est tout à fait justifiée aujourd’hui, mais force est de reconnaître qu’elle ne l’était pas lors de la mise en place du système, et c’est la démographie qui a changé cela. Car il y a un changement fondamental qui concerne la retraite, et qui la distingue du reste de la Sécurité Sociale. Qu’est-ce que la Sécurité sociale? C’est de l’assurance, contre les risques liés à la maladie, au chômage et à la vieillesse. Sur ce dernier point, c’était effectivement l’idée qu’à partir d’un certain âge, on n’était plus en mesure de travailler, mais encore vivant. Or, le métier de l’assurance, son principe de fonctionnement, est justement la répartition, et ça reste tout à fait pertinent pour la santé et le chômage – même si suis convaincu que cela pourrait être mieux géré et pour moins cher par des entreprises privées, le principe de fonctionnement serait exactement le même.
Le bouleversement qu’a connu la retraite, c’est justement celui-ci: ce n’est plus un risque, c’est même devenu une (quasi-)certitude, et sur une longue durée qui plus est. Et ce n’est donc plus une question d’assurance, mais une question individuelle: que ce soit l’âge de départ, les modalités, l’aspect financier, etc. ce sont des questions individuelles, et qui ne ressortent pas du domaine de l’assurance, mais (pour la partie financière) de l’épargne. Et c’est justement ce glissement de l’assurance vers l’épargne qui rend la répartition caduque, car justement, c’est Madoff.
Je suis bien conscient que ça ne règle pas la question de la transition, mais le principe de la capitalisation ne peut plus être discuté. Et je le répète, la question de la transition est devenue critique à cause de l’incurie de notre classe politique.